Presentation
ChapitreI
ChapitreII
ChapitreIII
ChapitreIV
ChapitreV
ChapitreFinal
DelaTerrealaLune
INV-foggobjectif

L'Invitation Extraordinaire est composée de 7 séquences, dont 6 sont répertoriées sous forme de chapitres.

Le film respecte parfaitement le thème du concours pour lequel il était destiné : "Et si Jules VERNE avait eu une Caméra ?"...

Au commencement on entend le déclenchement d'un projecteur cinéma, un piano accompagne un vieux film muet. Un iris s'ouvre et un personnage se penche sur l'objectif, l'image est floue mais il est aisé d'y reconnaître Philéas FOGG... L'individu se pose des questions sur l'étrange appareil, il effectue la mise au point sur les conseils de l'opérateur... ce dernier est Jules VERNE en personne !

Philéas, le regard aiguisé par un monocle, inspecte la curieuse invention de son maître... Le personnage finit par se redresser, l'occasion pour nous de découvrir dans son dos un grand plan recouvert de schémas techniques et de machines exotiques. Philéas prend une attitude plus solennelle et commence sa présentation.

Un carton apparaît, il y est écrit "Vous êtes invités dans la Ville de Jules VERNE"... L'homme se retourne et tire sur la base du plan comme s'il s'agissait d'un store géant, le plan file et disparaît vers le haut de l'écran... Surprise ! En fait Philéas FOGG se trouve depuis le début sur la place d'une grande ville. Un orchestre d'automates siège en son centre, et une grande banderole est accrochée au fond. Il y est écrit "Bienvenue"...

FOGG (BOB) intrigué
par la caméra

INV-invites

le carton de dialogue

Sur le papier le premier chapitre de L'Invitation Extraordinaire paraissait simple... mais pour arriver au résultat escompté sans les moyens de production d'une boîte hollywoodienne, et surtout sans sacrifier la qualité, il était essentiel de bien se creuser les méninges.

Nous avions décidé, pour le film entier, de ne pas partir de photos d'archives, nous voulions que le film soit composé d'une matière filmique que ZARF puisse produire à 100% (ce qui est effectivement le cas maintenant le travail terminé). L'idée était de prendre en caméra numérique les endroits de Nantes que nous pourrions transformer et vieillir comme bon nous semble, en y ajoutant des monuments filmés aux quatre coins de la ville. Pour le premier chapitre nous avons très vite pensé à la Place Graslin, l'espace offert par le lieu est sublime... mais hélas aussi très fréquenté !

INV-planscolles

Les 3 plans pris sur la place Graslin sont collés les uns aux autres informatiquement pour recréer un panorama large du lieu, pour optimiser le travail d'effacement il faut des images avec le minimum de passants et de véhicules...

La caméra (coûteuse) ne nous appartenant pas, et pris par le temps, nous avons du tout tourner le week-end ! Le plus mauvais moment évidemment pour éviter les voitures et les passants en ville... Nous avons donc pris la Place Graslin sous la forme de trois photographies numériques pour avoir un angle de champ très ouvert, puis nous avons collé les photos ensemble sur ordinateur pour générer un vaste panorama. Ensuite "le jeu" consistait à effacer les véhicules, les gens, les vitrines des magasins, les enseignes publicitaires, les fils électriques, les lampadaires... etc. pour les remplacer par des objets plus Julesvernesques ! La technique d'effacement est simple, il faut répéter des motifs de l'image pour couvrir les objets indésirables, sans que la répétition ne se fasse sentir. Le principe est "enfantin", mais dans la pratique cela demande un temps énorme d'exécution.

INV-panoramagraslin

Les 3 plans sont fusionnés, le ciel est découpé et supprimé (ce qui explique qu'il est noir ici), puis tous les éléments incongrus sont effacés en répliquant par petites touches des motifs déjà présents sur les 3 photos numériques d'origine.

L'orchestre d'automates et la grande clé de sol ont été matérialisés en 3D, le grand plan blanc qui fait dos à Philéas FOGG a été créé à partir des previews en "fils de fer" des différents objets 3D visibles dans le film, et enfin la banderole est un dessin 2D qui a été collé sur la photo du Théâtre Graslin. Ce dernier est recouvert du dôme Saint-Louis, on peut noter la présence, au fond à droite, de la fontaine qui se trouve Place de la Bourse et, au fond à gauche, de l'usine Beguin Say (sans ses couleurs hélas) avec à son sommet le cube de l'usine Lu. Enfin pour masquer le goudron du sol nous avons utilisé quelques photos du sable du Sahara.

INV-elementsajoutes

Tous les éléments factices de l'image : à l'avant plan le sable du désert, l'orchestre d'automates, la clé de sol, la banderole de bienvenue et les lampadaires, à l'arrière plan l'usine Beguin Say, le cube Lu, le dôme Saint-Louis et la fontaine.

INV-beguinsayINV-fontaineINV-saintlouis

l'usine Beguin Say

la fontaine

le dôme Saint-Louis

INV-orchestre

l'orchestre 3D en fils de fer... puis texturé !

Une fois que le fond de l'image est composé, il nous faut tout de même pas oublier le personnage à l'avant plan ! BOB, qui incarne Philéas FOGG, a du jouer toutes les scènes en studio pour être ensuite incrusté dans les fausses images de Nantes. Nous aurions pu filmer BOB sur fond bleu, la technique est connue et répandue dans le milieu cinématographique... mais dans ce cas pour que l'incrustation fonctionne il faut éclairer le bleu de manière calculée et homogène. C'est quelque chose que les techniciens de ZARF PROD savent faire, mais cela demande des moyens coûteux en terme d'éclairage, et beaucoup de temps de préparation.

Pour ruser nous avons décidé d'incruster l'acteur sur le fond blanc véritable du studio dans lequel nous étions. Sébastien MARQUÉ s'est occupé d'envoyer le maximum de lumière sur le mur et le sol tout en évitant que BOB rentre dans les faisceaux d'éclairement. Pour atteindre un blanc parfait, facilement incrustable en vidéo, nous avons surexposé les plans à la caméra... a contrario il a fallu maquiller et habiller l'acteur de manière très sombre pour compenser la surexposition. Effectivement, si le visage de l'acteur était resté blanc, sa tête serait devenue transparente à l'incrustation. Finalement au tournage on avait l'impression que BOB revenait tout bronzé de belles vacances au soleil ! Le vice est allé jusqu'à feutrer de noir les boutons de sa chemise; ceux-ci, nacrés, avaient tendance à briller et auraient été interprétés par les ordinateurs comme des petits trous transperçant le corps du pauvre BOB !

INV-coiffagebobINV-cedricactifINV-moustaches

préparation mentale

dernières retouches

cherchez la fausse !

INV-preparation

BOB coiffé par Cédric sous les yeux de Frédéric,
au fond la caméra attend son acteur...

Le tournage avec BOB s'est déroulé le 27 février 2000 durant 5 à 6 heures... En post-production il était prévu que nous commencions par construire tous les décors avant de nous occuper des plans de BOB... mais la tentation était trop forte ! C'est le soir même du 27 février qu'eu lieu le premier test d'incrustation sur fond blanc avec l'esthétique vieux film sépia... Le résultat ? Quatre malheureuses secondes sans son... mais qui nous rendirent muets ! C'était tellement convainquant qu'on laissa l'extrait tourner en boucle des dizaines et des dizaines de fois... Après il était temps de rentrer chez nous pour dormir un peu... la tête pleine de rêves... dont un déjà exaucé !

INV-rendufinal

un extrait du rendu final...

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